Au numéro 25 de la Fessart  derrière l’ église
de Jourdain, il existe un endroit où se côtoient des Nigériens, des Algériens, des Marocains,
des Maliens, des Philippins, des Tunisiens,
des Cambodgiens… C'est l'un des lieux d'accueil juridique de la CIMADE.

Si tous sont là, c'est qu'ils ont fuit la guerre,
les persécutions politiques ou la misère dans leur pays d'origine. C'est cela l'exil :
un déracinement provoqué par une nécessité toujours brutale.

Dans la salle d'attente aux murs vert pâle,
une carte du monde est accrochée. L'ambiance est calme, parfois même joyeuse, mais malgré les sourires timides, l'anxiété est palpable.
Tous ceux qui sont là ont en commun l'espoir d'obtenir le droit de vivre en France.
Bientôt entreront Céline, Marie Ange, George
ou Sabine, bénévoles de la CIMADE. Ceux là ont pour mission d'éclairer la jungle administrative qui en matière d'immigration ne cesse de s'épaissir. Leurs conseils juridiques sont pointus et avisés mais toujours emprunt de compassion, chaque histoire est singulière. Des heures
d'écoute sont quelque fois nécessaires pour démêler les situations et apporter les réponses adaptées.

La tension que représente la menace de
"l' OQTF", (Obligation de Quitter le Territoire Français), conditionne la vie des migrants 

durant parfois des années. Certains n' ont plus aucun lien dans leur pays d'origine.
Comme Mr Traoré, arrivé en France en 2001
et toujours pas régularisé en Quatorze années. Pendant tout ce temps, sa famille en Côte d'Ivoire à entièrement disparue. Il m'a confié : "ma vie elle est comme ça, plus de parents, plus personne, je me dis je vais repartir en Cote d’Ivoire mais c’est comme ci on prenait quelqu’un et on le mettait dans un désert".

Les solutions n'existent pas toujours,
mais l'écoute attentive qui est leur consacrée ici à la CIMADE est une précieuse bouffée d'humanité, car chacun y est entendu,
défendu et retrouve sa dignité.

 

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La Cimade

> Avril-Juin 2015

© Alexandra Bellamy

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