> 2009/2011

Les absents

The pictures shown here were taken within the confines of the "blocs" sheltering the Prisoner's hospital, the medical experimentation ward and the detainees living quarters. Those areas are known as blocs 28, 10, 8, 3 and 2.​ Ever since the Auschwitz-Birkenau Mémorial creation, back in 1947, they remained closed to the general public empty and untouched. Contrary to the other spaces, constantly toured by throngs, here only the complete silence co-exist with the aura of those missing. You can feel the Absents in the Labor Camps' furious rage. A série of pictures were taken, within the on-site preservation workshop. this department curates every single artifact be it, a single shoe, a fork or a suitcase. Each object receives forensic attention as to choose an appropriate mean to preserve the past. Items in triage lay under a canvass and, then, as I raised it ti take a peek, I had the sensation of lifting a shroud. It donned on me that this atelier was a sort of morgue where things screamed aliases for corpes. The shear amount of material to be processed represents only a part of this painful task : 80,000 shoes, 3,700 suitcases... Here, every single object remains the incarnation of the kid, the woman or the man to whom it had belonged. Every single object tells a very weird story.

Les photographies présentées ici sont celles des blocs 28,10,8,2,3 : bloc de l'hôpital des prisonniers, bloc des "expérimentations médicales" et blocs d'habitations des détenus. Ils n'ont jamais été ouverts au public depuis la création du Mémorial d'Auschwitz-Birkenau en 1947. Ils sont quasiment vide, intacts.

Et plus encore que les salles ouvertes au public, la nudité et le silence qui y règnent renforcent l'empreinte des absents, la fureur de l'univers concentrationnaire.

Plusieurs photographies ont également été réalisées dans l'atelier de conservation. Dans ce laboratoire, chaque chaussure, chaque valise, chaque fourchette est soumise à une "autopsie" afin de déterminer précisément la nature des travaux à engager. Les objets en attente de travaux de conservation sont recouverts d'une toile et en la soulevant; j'avais l'impression de soulever un linceul.

Cet atelier s'est vite apparenté pour moi à une sorte de morgue où les objets se substituaient aux corps. Le nombre d'objets à conserver fait partie des difficultés auxquelles ce laboratoire doit faire face : 80 000 chaussures,

3 700 valises... Ici pourtant, chaque objet devient l'incanation de l'homme, de la femme ou de l'enfant à qui il appartenait. Chaque objet raconte une histoire singulière.

 

• Paris - Octobre 2012 - Journal de la Photographie

• Février 2013 - Mémorial Muséum d'Auschwitz

 

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© Alexandra Bellamy

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